FAQ

Écrit par Super Utilisateur.


Quand prescrire la cislosporine A ?


Dès lors qu’il est nécessaire de mettre en place un traitement de fond, le recours à la ciclosporine est indiqué.

Peut-on vraiment faire un diagnostic de dermatite atopique sans tests allergologique ?


Oui. Les tests allergologiques ne sont là que pour rechercher la ou les causes de la dermatite atopique. D’autre part, il existe des formes de dermatite atopique sans aucune allergie mise en évidence.

Peut-on prescrire un traitement anti-fongique si l’on a mis en évidence 
un nombre très limité de Malasseziae ?


Il n’existe pas de règle quant à l’interprétation des examens cytologiques dans le diagnostic de dermatite à Malassezia. Si le tableau clinique est compatible, il ne faut pas hésiter à traiter.

Quel est l’intérêt des anti-histaminiques dans le traitement de la dermatite atopique ?


Les anti-histaminiques à effet sédatif peuvent être utilisés pour contrôler un prurit nocturne important. Leur efficacité est très variable selon les individus et souvent décevante dans le cadre d’un traitement à court terme. Aujourd’hui en médecine humaine, leur rôle immunomodulateur incite à les utiliser sur de très longues périodes (plusieurs années). Cela permet de réduire la gravité des symptômes et la consommation médicamenteuse.

Un examen histopathologique permet-il de faire un diagnostic de dermatite allergique ?


Non et c’est un des écueil du recours à l’histopathologie dans le diagnostic des dermatites prurigineuses. Lorsque le résultat d’un examen histopathologique est compatible avec une réaction d’hypersensibilité cela signifie que la peau est enflammée sans que la cause soit identifiée. Il peut s’agir de parasites, de bactéries ou de Malassezia, même s’ils ne sont pas isolés par l’histopathologiste.

Quelles sont les indications de la désensibilisation ?


La désensibilisation ne concerne en médecine vétérinaire que les allergies aux aéroallergènes (acariens de la poussière, pollens…). Il s’agit donc presque exclusivement en pratique de la dermatite atopique canine. Les désensibilisations à l’aide d’extraits de corps totaux d’insectes (puce, moustiques par exemple) sont inefficaces à l’heure actuelle chez le chien, le chat et le cheval. Certains laboratoires effectuant des dosages d’IgE spécifiques proposent des désensibilisations à des extraits d’aliments, de bactéries ou de levures. De telles pratiques, bien que légales sont totalement farfelues et ne reposent sur aucune base scientifique. Les désensibilisations aux venins d’hyménoptères, très efficaces, sont aujourd’hui très difficiles à pratiquer, les produits n’étant plus disponible qu’en milieu hospitalier.

Quelle est l’efficacité de la désensibilisation chez le chien ?


Il est important de définir ici la notion d’efficacité dans le traitement de la dermatite atopique canine. Si l’on considère comme efficace un traitement qui permet une guérison complète de l’animal, l’efficacité de la désensibilisation à un an est de l’ordre de 20 %. Si par contre l’efficacité est jugée comme une diminution significative des scores cliniques (prurit et lésions) et des scores de consommation médicamenteuse, l’efficacité est alors de 70-80 % à un an.

Quelle est la durée de la désensibilisation ?


Il s’agit d’un traitement à vie. En effet des cas de rechute peuvent être observés quelques mois après l’arrêt d’une désensibilisation efficace. Il est donc préférable de ne jamais interrompre ce traitement afin de ne pas être obligé de recommencer le protocole d’attaque.

Quel est le protocole de désensibilisation le plus couramment utilisé ?


Il s’agit d’un protocole utilisant uniquement le flacon de forte concentration d’extraits retards. Par conséquent, la croissance des doses est assez brutale, comparée à ce qui se pratique en médecine humaine. Après la phase d’attaque, on peut effectuer des injections d’entretien toutes les 2 à 4 semaines. La dose finale peut être diminuée chez les animaux de petite taille (0,5 à 0,8 ml).
Si l’on utilise des extraits aqueux, les injections se font deux fois par semaine.

Peut-on prescrire de la ciclosporine en cours de désensibilisation ?


Il n’existe pas d’étude clinique sur l’influence d’un tel traitement sur la désensibilisation. Toutefois, les posologies utilisées (5 mg/kg/j ou /2-3 j) sont en principe insuffisantes pour gêner les mécanismes d’induction de tolérance de la désensibilisation.

Que faire lorsqu’un animal contrôlé depuis plusieurs mois, 
voire plusieurs années par une désensibilisation rechute ?


Il ne faut surtout pas considérer cela d’emblée comme un échec de la désensibilisation et interrompre celle-ci. La crise doit être traitée en fonction des complications infectieuses qui l’accompagnent, avec ou sans traitement symptomatique associé. Si une rechute est observée ensuite très rapidement, l’intérêt de la désensibilisation peut être remis en doute. On peut imaginer que cet échec après plusieurs années de traitement est imputable à de nouvelles sensibilisations, mais cela est en réalité exceptionnel.

Quels sont les allergènes les plus efficaces pour une désensibilisation ?


Tous les auteurs s’accordent pour reconnaître l’intérêt de la désensibilisation avec des extraites de Dermatophagoides sp. et des extraits de pollens. Pour les autres allergènes, les données et les expériences manquent cruellement.

Comment connaître les saisons de pollinisation pour le choix des allergènes ?


Le plus simple est de consulter sur internet le site du réseau national de surveillance aérobiologique : www.rnsa.fr. Les calendriers polliniques y sont tenus à jour et on peut consulter les résultats des années antérieures. On peut ainsi parfois mettre en évidence un lien entre des crises de prurit et la présence de certains pollens dans l’atmosphère, mais cela est en réalité assez exceptionnel.

Doit-on inclure des pollens si l’animal se gratte toute l’année ?


L’interprétation de tests positifs à des pollens chez un animal présentant un prurit tout au long de l’année est problématique. En effet, les pollens ne sont présents dans l’atmosphère que pendant la période de pollinisation, par conséquent leur inclusion dans le protocole de désensibilisation n’est par justifié a priori. Toutefois, les pollens de Graminées font probablement exception à la règle, comme le montre une étude récente menée en Ecosse. Les auteurs ont effectué des comptages de pollens dans les selles de chiens durant 6 mois. Les pollens retrouvés sont ingérés soit directement à partir du sol, soit à partir du jetage. Il s’agissait, en très grande majorité, de pollens de Graminées et ce quelque soit la saison. Il existe donc une possibilité de contact tout au long de l’année pour les pollens de Graminées et ils doivent donc être inclus dans un protocole de désensibilisation (si les tests allergologiques sont positifs) même s’il n’existe pas d’exacerbation des symptômes en mai-juin.

Doit-on inclure les acariens de stockage dans un protocole de désensibilisation ?


Aucune étude à ce jour n’a montré l’intérêt de ces acariens dans cette indication. Or les réactions croisées avec les acariens du genre Dermatophagoides sont nombreuses si bien qu’il est difficile, lors de réaction à Df, Dp et Tyrophagus par exemple, de savoir si on utilise et les deux Dermatophagoides ou les 3 acariens. La réponse est donc pourquoi pas. NB : des tests positifs à des acariens de stockage ne doivent pas remettre en cause le type d’alimentation, mais éventuellement la qualité de son stockage.

Quelles précautions doit-on prendre avant de mettre en œuvre une désensibilisation ?


Ces précautions sont de deux ordres : diagnostique et relationnel.

Sur le plan diagnostic, il est important de s’assurer dans un premier temps de la véracité du diagnostic de dermatite atopique et être sûr qu’il n’existe pas une ectoparasitose (démodécie, gale, trombiculose) et dans un second temps de l’absence de réponse à un régime d’éviction. En effet, la principale manifestation d’intolérance alimentaire chez le chien est la dermatite atopique. Par conséquent, il serait dommage de mettre en place un traitement de plusieurs années là où un régime de 6 semaines peut suffire.
Enfin il est primordial d’informer par le détail le propriétaire de l’animal sur l’étiologie de la dermatite atopique dont souffre son animal, afin de justifier les options thérapeutiques. On doit aussi clairement expliquer la méthodologie, les effets secondaires possible, la vitesse de réponse au traitement et les moyens mis en œuvre pour apprécier son efficacité.

Quelles sont les causes d'échec de la désensibilisation ?


La toute première cause d’échec est un non renouvellement de la première prescription. De nombreux propriétaires ne savent pas ou n’ont pas compris qu’il y a une suite au premier flacon qui leur a été vendu. Ils interrompent donc le traitement une fois le flacon vide. Aucune amélioration n’étant notée, ils considèrent que c’est un traitement inefficace et ne veulent plus en entendre parler. Il est donc primordial de faire un suivi rapproché en début de traitement pour continuer d’expliquer la maladie et son traitement et ne pas oublier de commander à temps la suite du traitement.
La seconde cause d’échec est à l’image de la première et est due à un défaut d’explication de lapart du propriétaire : le propriétaire interrompt le traitement, parce qu’une nouvelle crise de dermatite atopique survient.

Des erreurs de posologies sont aussi parfois faites par le propriétaire, d’où l’intérêt de faire les piqûres du traitement d’attaque au cabinet.